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L’école des ratés10 min de lecture

Le titre vous a peut-être surpris mais je l’ai choisi à dessein.

Pour ne pas vous laisser dans l’incompréhension et éviter toute forme de malentendu, je vais commencer par vous en expliquer le sens.

J’ai pris le mot « ratés » pour définir les personnes qui n’ont pas trouvé leur place au sein du système éducatif et/ou professionnel.

Sans vouloir ici faire le procès de ces systèmes, car ils sont les bases solides qui régissent notre société, on ne peut nier le fait que ces machines bien huilées laissent dans leur sillage nombre de laissés pour compte.

J’ai été moi-même l’un d’entre eux.

L’échec scolaire, ne pas avoir accès aux études supérieures, entrer dans le monde du travail et du salariat avec des boulets aux pieds et se voir cantonner à des emplois peu gratifiants… Ce cas n’est qu’un exemple, mais il n’est pas le seul.

Avoir cette sensation permanente de ne pas être adapté, qu’il nous manque une pièce du puzzle pour comprendre quelle est notre place dans ces systèmes complexes, où tant de gens semblent pourtant trouver leur bonheur.

C’est en terminant l’excellent livre de Robert Kyosaki « Père riche, Père pauvre », dont je vous ferai certainement une présentation un jour ou l’autre, que m’est venue l’idée de cet article.

J’espère qu’il vous aidera, pour certains à vous redonner du courage et pour d’autres, des pistes de réflexion intéressantes.

 

La machine à produire des ratés

 

Comme toute institution dépassant l’échelle humaine, ces systèmes automatisés – scolaire et de professionnalisation – nécessitent des rouages optimisés pour le plus grand nombre afin de former chaque nouvel individu dans trois buts précis :

 

  • L’éduquer et le façonner aux dogmes de la société
  • L’aider à y trouver sa place
  • Et qu’il apporte sa contribution à la vie et à l’évolution de cet écosystème

 

Dans le fond, difficile de trouver un défaut à cette mécanique, et pourtant…

L’élément qui est mis de côté, le grain de sable dans cette machine reluisante, c’est l’individualité de chacun.

Sa propre histoire de vie, ses émotions, sa sensibilité, ses prédispositions, son entourage, sa génétique…

Autant de facteurs qui pourront influencer sa capacité propre à se fondre dans le moule, une des compétences indispensables à son épanouissement dans le cadre ainsi imposé.

Un enfant trop sensible pourra vivre son entrée à l’école comme un traumatisme et développer une forme de phobie qui le handicapera toute sa scolarité.

Ses problèmes scolaires pourront se répercuter sur sa vie personnelle et le conduire à prendre de mauvais chemins, perdre confiance et se retrouver, à l’âge adulte, complètement démuni.

Un autre enfant, même brillant, mais mal orienté, pourra se retrouver dans un cursus qui lui est imposé (que ce soit de manière explicite ou implicite) et se retrouver dans une forme de mal-être inexplicable à l’âge adulte, avec toutes les conséquences que cela implique sur sa vie.

 

Vers un monde de spécialistes ou l’archétype de l’Homme-rouage

 

 

Nous vivons à une époque où les technologies bouleversent nos habitudes. Nos manières de consommer, de vivre, de travailler sont en perpétuelle évolution.

Une étude américaine récente a d’ailleurs évalué que 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore.

Vous pourrez en lire un résumé ICI

 

 

Le système éducatif, tel qu’il est conçu, est un producteur de « spécialiste ».

Très jeune, à 15 ans, parfois même plus tôt, il nous est demandé de faire le choix entre divers cursus concernant des champs de compétences bien distincts : Scientifique, littéraire, économique, technique, artisanal…

Ce choix se fait parfois sous le coup de l’émotion du moment, ou dicté par l’entourage, pour suivre ses amis ou encore d’après le résultat d’un QCM en ligne rempli au près d’un conseiller d’orientation…

Mais ce choix est lourd de conséquences. C’est un tapis roulant sur lequel le jeune adulte, en cours d’évolution, pose les pieds et qui l’entraine parfois bien loin de la voie qu’il désire vraiment, ou du domaine qui le passionnera dans quelques années.

Une fois le diplôme de fin d’étude secondaire (le bac) en poche, on lui demande de se spécialiser encore plus en choisissant une faculté ou une école dédiées à un domaine bien précis. Et dans cette même spécialisation, il devra prendre des options particulières qui le rendront expert dans un sous-domaine encore plus précis.

Voilà comment un individu aux possibilités illimitées est conduit inexorablement, par cet « entonnoir » créé par la scolarité académique, à être qualifié dans un domaine microscopique.

Encore une fois, mon propos n’est pas à la critique. De nombreuses personnes, passionnées par un domaine, suivent le cours de ce chemin et s’y épanouissent très bien.

Mais c’est justement des autres dont je parle ici et j’aborderai un peu plus bas pourquoi leurs différences, loin d’être une malédiction, peuvent être d’une richesse insoupçonnée.

 

Quand l’individu prend le pas sur la machine

 

Comme je vous le disais plus haut, cette progression éducative nous incite à nous concentrer sur nos études et ,surtout, sur notre futur emploi. Et plus le temps passe, plus il nous semble difficile de changer d’orientation. La peur du changement, de se tromper, de perdre du temps …

Que votre scolarité soit couronnée de succès ou pas, vous pouvez vous retrouver à un moment de votre vie à une place qui ne vous satisfait pas.

Les impératifs de la vie (factures, familles et autres) monopolisent votre attention et les années passent. Et vous vous retrouvez un jour à vous demander à quel moment vous avez perdu le cours de vos rêves et de vos envies.

S’être consacré des années une activité a fait de vous un expert dans votre domaine. Vous en maitrisez chaque détail avec l’aisance d’un virtuose.

Mais que faire si vous ne supportez plus votre travail ?

Que faire si votre activité ou vos compétences deviennent obsolètes et que les opportunités d’emploi disparaissent ?

Cette « hyper spécialisation » a cela de pernicieux que, si vous n’êtes pas dans un domaine d’activité pérenne ou si, comme beaucoup, avez choisi votre carrière par défaut plus que par vocation, vous vous retrouvez prisonnier de vos propres compétences.

Se livre alors une bataille féroce entre votre souffrance salariale et votre envie de renouveau. La peur du changement et des difficultés face à votre désir d’accomplissement et d’épanouissement.

Et la bonne nouvelle, c’est que, quel que soit votre âge, il n’est jamais trop tard pour accomplir des grandes choses.

Pour exemple, je vous renvoie à l’histoire inspirante du Colonel Harlans Sanders le créateur de KFC, qui, après avoir tout perdu, lança son premier restaurant à 61 ans avec le succès qu’on lui connait maintenant.

 

L’école des ratés ou la voie des compétences par l’auto-investissement.

 

Comme je vous l’ai dit en préambule, j’ai fait partie moi aussi de ces laissés pour compte.

N’étant pas passé par la case du CP, J’ai attaqué ma scolarité directement au cours élémentaire avec un an d’avance, pour la terminer sans le Bac avec 3 ans de retard.

J’ai eu l’impression étrange, toutes ces années, de courir après un train dans lequel je ne voulais pas monter. D’avoir les chiens de « la voie normale » à mes trousses et un sentiment tenace de culpabilité de vouloir essayer de leur échapper.

Mon cheminement professionnel fut chaotique et diversifié mais avec le recul et une certaine forme de sérénité retrouvée, le chemin parcouru m’a rendu plus riche que si j’avais emprunté une voie plus conventionnelle.

Ces divers emplois m’ont permis d’acquérir une grande capacité d’adaptation et diverses compétences et techniques dans la vente, la relation clientèle, les langues, les relations humaines et bien d’autres choses qui me permettent maintenant de me réaliser dans un domaine bien différent de tout ce que j’ai pu faire auparavant.

J’ai pu ainsi multiplier les rencontres et les opportunités d’apprendre, d’acquérir de nouvelles compétences, parcourir le monde et enrichir ma pensée d’autres cultures, afin de mieux me connaitre et me construire en tant qu’individu.

J’ai eu beaucoup de chance, car j’ai rencontré des gens merveilleux alors que je ne le cherchais pas vraiment. Ils m’ont apporté énormément sans même que je m’en rende compte.

Mais c’est maintenant, à l’aube de mes 39 ans et dans la réalisation de mes projets actuels, que je mesure à quel point les richesses acquises au cours de ces années furent importantes.

Et c’est là toute la beauté de la chose. Même si elles sont différentes, ces richesses, ses enseignements sont présents en chacun de nous. Le tout étant d’en prendre conscience et de les utiliser à bon escient.

Ce que je veux vous dire par ce bref retour d’expérience est que chaque échange, chaque rencontre, chaque expérience peuvent être un enseignement qui vous donneront une corde de plus à votre arc.

Que l’important n’est pas tant de savoir quelles compétences il vous faut acquérir pour obtenir un emploi donné, mais plutôt quel emploi choisir pour acquérir les compétences que vous désirez.

Les emplois et les carrières ne sont pas des acquis et ils dépendent souvent d’éléments sur lesquels nous n’avons pas de prise. Contrairement à votre propre éducation et votre panel de compétences.

Vous êtes et serez toujours votre meilleur investissement.

 

Conclusion

 

Je le répète à nouveau, cet article n’est pas un plaidoyer contre le système scolaire et professionnel, ou destiné à stigmatiser une catégorie de gens. J’ai à cœur de respecter chaque personne dans ses choix et sa sensibilité.

Mais si, comme moi, vous avez traversé des difficultés, des successions d’échecs et des périodes de doutes, je voulais vous transmettre mon sentiment d’espoir et vous dire que ce chemin épineux que vous avez traversé, que vous traversez actuellement ou que vous traverserez un jour, sera peut-être la vraie école qui vous conduira à votre propre réalisation.

Les échecs sont les leçons les plus pertinentes que la vie vous apprendra !

A l’écriture de ces mots, l’histoire de Thomas Edison et l’échange qu’il avait eu avec un reporter de son époque me revient en tête.

Le reporter lui demandait ce qu’il avait ressenti d’avoir échoué 2000 fois avant de réussir à inventer l’ampoule électrique.

Thomas Edison lui rétorqua qu’il n’avait pas échoué, et qu’il avait juste découvert 2000 manières de ne pas fabriquer une ampoule.  (D’ailleurs il lui fallut également 25000 essais pour fabriquer la première pile électrique)

Comme vous l’aurez compris, tout est une question de point de vue et d’état d’esprit !

L’important est d’être ouvert, à l’écoute de tout ce que vous pouvez apprendre et d’en tirer avantage dans votre vie.

Croyez en vous, persévérez, et vous atteindrez peu à peu vos idéaux.

Enfin, vous le verrez surement, ce n’est pas tant en atteignant vos objectifs mais plutôt en arpentant le chemin qui vous y mène, que vous vous sentirez le plus épanoui.

Il ne tient qu’à vous, maintenant, de faire le premier pas.

 

Alors qu’attendez-vous ?

 

Belle vie à vous !

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