Aucun diplôme ou certificat n’est obligatoire pour devenir masseur ou masseuse bien- être.

Lorsque vous vous lancez dans une activité, que ce soit le massage bien-être ou toute autre profession plus ou moins « technique », il est toujours préférable (voire recommandé) de préparer sa reconversion en suivant une formation.

Et lorsque l’on pense formation, on pense également à un certificat ou un diplôme de massage bien-être.

J’ai décidé d’aborder le sujet, car le thème des certifications en massage bien-être revient très souvent dans les questions que l’on me pose, et qu’il est assez peu, voir mal traité ailleurs sur le web.

Je vais donc articuler l’article sur les questions que l’on me pose le plus souvent, mais s’il vous reste des zones d’ombres à la fin de sa lecture, libre à vous de me poser vos questions en commentaire, j’essaierai d’y répondre au mieux de mes capacités !

Vous êtes prêts ? On y va !

Peut-on devenir masseur ou masseuse bien-être sans diplôme ?

Oui, il est tout à fait possible et légal de débuter son activité sans un diplôme en massage bien-être.

Dans l’absolu, vous pourriez même le faire sans formation, ce que je ne vous conseille évidemment pas.

Le massage n’est encore que peu règlementé à ce sujet, et les seules obligations légales à l’exercice de l’activité sont :

  • D’avoir une structure d’entreprise (type microentreprise)
  • D’avoir une assurance professionnelle
  • D’avoir un compte bancaire dédié à votre activité.

Et aucune de ces obligations ne demande de justificatifs quant à vos connaissances ou compétences.

Ndlr : Je ne suis pas ici pour dire si cet état de fait et bien ou mal, mais juste pour vous dire ce qu’il en est concrètement.

Les certificats et diplômes en massage bien-être sont-ils reconnus par l’état ?

Pour répondre de manière exhaustive à cette question, il me faut tout d’abord vous expliquer qu’il existe plusieurs types de certificats et diplômes en massage bien-être :

  • Il existe un seul diplôme reconnu par l’état concernant spécifiquement le massage bien-être

C’est un diplôme inscrit au RNCP de niveau IV (niveau Bac/Bac pro) et le prix du cursus permettant de l’obtenir varie entre 5000 à 9000€ selon les écoles.

Tous les autres certificats et diplômes en massage bien-être ne sont pas reconnus officiellement par l’état.

  • Mais ! Plusieurs associations (ou fédérations) œuvrent à régulariser le métier de masseur-euse bien-être, comme la FFMBE et la FFMTR. Ce qui nous amène au deuxième type de certificat et diplôme du massage bien-être.

Ils ont établi une sorte de « charte » pour les écoles de massage censées garantir la qualité de leurs enseignements et donc de la compétence des élèves certifiés par lesdites écoles.

L’affiliation à la FFMBE et FFMTR est totalement facultative pour les écoles de massage, cependant elle permet d’avoir ce « Label » qui commence à avoir un certain crédit dans la profession.

Cependant, pour avoir une vision objective de ces labels, il vous faut savoir que pour obtenir cette accréditation les écoles sont soumises à plusieurs conditions qualitatives (ce qui me semble tout à fait honorable) et financières (cotisation annuelle de 640€ et l’obligation pour chaque élève de l’école d’adhérer à la FFMBE, à leurs frais, en tant que stagiaire 15€/an).

Mais ici, la chose se complique.

Ce n’est pas parce que les écoles sont agréées FFMBE et consorts que si vous suivez une formation en massage avec eux vous deviendrez des masseurs et masseuses bien-être certifiés FFMBE. (Cela serait trop simple évidemment).

Car pour obtenir le « titre » de masseur ou masseuse bien-être certifiés FFMBE et autres il vous faudra :

  1. Suivre une formation complète dans l’une de ces écoles (généralement de 10 massages et 220h de formation, pour un coût d’environ 3000€ à 4000€ selon les écoles)
  • Et passer un examen final pour l’obtention du certificat praticien bien-être agréé FFMBE, organisé par ces organismes (qui est payant aussi, dans les 170€ et des brouettes si ma mémoire est bonne).
  • Le troisième type de certificat est celui donné par les organismes de formation ou formateurs indépendants n’étant pas affiliés aux organismes cités précédemment, mais il a autant de valeur légale que ces derniers.

Alors à quoi servent ces certificats et diplômes en massage bien-être ?

Que les choses soient très claires entre nous, mon propos n’est pas de critiquer ou stigmatiser certains organismes ou écoles. Bien au contraire.

Par contre, il semble important d’être bien informé(e) afin de faire le choix de son cursus en conscience.

Si votre projet est d’intégrer un SPA, un Spa hôtelier ou d’ouvrir votre propre institut, il vous sera fortement recommandé de suivre le premier cursus. Il sera un net avantage sur votre CV à l’embauche et vous permettra d’avoir les connaissances requises pour exercer toutes les tâches inhérentes à ce type d’activité ainsi qu’à l’exploitation de ce type d’établissement.

Si votre projet est d’intégrer des structures de bien-être comme salarié(e), le label FFMBE (ou FFMTR) vous permettra certainement de vous ouvrir plus facilement quelques portes.

Si votre projet est de devenir masseur ou masseuse à votre compte… les certificats relèveront plus de la symbolique.

Les certificats et diplômes en massage bien-être sont-ils une garantie d’une bonne compétence dans la discipline?

Pour répondre à cette question honnêtement, je me dois de préciser que je ne peux me baser que sur ma propre expérience et le cursus que j’ai personnellement suivi.

Je ne connais pas les modes d’apprentissage de toutes les écoles ni les conditions dans lesquelles se déroulent les certifications qu’ils proposent.

Ceci étant dit :

La certification s’effectue en fin de formation, à l’issue de plusieurs jours de pratique intensive.

Vous pouvez parfois vous aider d’un support sur lequel se trouve le protocole à suivre et vous passez votre examen, en même temps que plusieurs autres élèves, sous le regard attentif du formateur.

Vous êtes généralement jugé(e) sur plusieurs critères : la technique, la posture, votre fluidité et d’autres éléments sur lesquels vous recevez une note sur 20.

Toutes ces notes sont ajoutées et sont ramenées à une moyenne générale.

Si vous êtes au-dessus de la moyenne, vous avez le certificat, si vous êtes en dessous, vous ne l’avez pas.

Sur le papier, cela semble juste et objectif, mais :

  • Les conditions d’examen (le stress, les distractions dues aux autres élèves exécutant le même exercice) sont très éloignées des conditions « normales » d’un massage.

La timidité, le manque de confiance en soi et le stress du jugement pourront influencer le rendu de votre prestation et pourra donc rendre une version peu objective de votre réel niveau.

  • La certification rend compte d’une évaluation de la supposée compétence à un temps T.

Durant la formation, tous les élèves ne sont pas logés à la même enseigne. Certains ont le nécessaire pour s’entrainer chez eux (table de massage, cobaye …), certains ont une vie personnelle plus ou moins chargée, d’autres pas.

D’autre part, la possibilité de s’aider avec un support peut difficilement rendre compte de l’assimilation de l’intégralité d’un protocole qui, quoi qu’il en soit, est très difficile à connaitre sur le bout des doigts en quelques jours (vu que les protocoles contiennent parfois plus d’une centaine de mouvements).

Par expérience, le vrai travail d’apprentissage et d’assimilation se fait par le travail personnel une fois la formation terminée. Car il est certain que si vous ne travaillez pas votre massage une fois la certification obtenue (même brillamment), vous aurez quasiment tout oublié en quelques semaines.

  • La note, et donc la notion de compétence sont en partie subjectives .

Le certificat aura la même valeur pour une personne qui l’aura eu avec une note de 10/20 de moyenne, que celle qui aura eu 18/20.

Pourtant la différence de compétence pourra être énorme entre ces deux élèves.

De plus, si l’élève qui a eu 18/20 ne travaille pas son massage par la suite, son niveau baissera très rapidement, tandis que celui de l’autre élève pourra nettement s’améliorer s’il travaille sérieusement par la suite.

Est-ce que je donne des certificats à l’issue de mes propres formations ?

J’ai longtemps refusé de proposer cette prestation (notamment pour certaines des raisons évoquées ci-dessus).

Pourtant, j’ai reçu de très nombreuses demandes à ce sujet, que ce soit par les personnes suivant mes formations ou les personnes souhaitant se lancer.

Pour autant, lors de ces divers échanges j’ai pris aussi conscience de l’importance du symbole que peut représenter un certificat ou un diplôme en massage bien-être.

Il permet d’avoir une attestation palpable et visuelle de l’apprentissage d’une compétence, pour soi, pour les autres ou toutes autres raisons.

C’est pourquoi j’ai décidé d’ajouter cette prestation à ma formation.

J’ai construit cette prestation pour qu’elle soit plus un coaching technique et du conseil, que sur un jugement froid et impersonnel à un instant T.

Cependant, je l’ai laissée comme une option facultative. Libre à ceux et celles qui suivent mes formations d’en bénéficier ou pas.

La vraie question à vous poser est : pourquoi voulez-vous un certificat ou un diplôme en massage bien-être ?

Qu’il n’y ait pas d’incompréhension entre nous, je ne pense pas que vouloir un certificat ou un diplôme dans le massage bien-être est une idée absurde.

Pas du tout.

Je veux juste mettre en lumière que, à part dans certains projets bien spécifiques, le certificat a une plus une valeur symbolique que professionnelle.

Il peut avoir plus ou moins d’importance selon les personnes, mais il n’est pas en soi, un sésame pour la réussite ou une condition sinequanone à votre épanouissement dans le métier de masseur ou masseuse bien-être, ou encore un jugement définitif sur votre maitrise de la discipline.

Car les seuls vrais critères sur lesquels on vous jugera seront :

  • La qualité de vos massages
  • Votre sens de l’écoute et de la communication
  • Vos qualités humaines

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    2 Répondre à "Diplôme de massage bien-être et certificats, obligatoire ?"

    • Amandine

      Merci pour cet article, je suis assez d’accord avec ces informations et sur le fait que le diplôme ne fait pas la compétence mais y contribue. Mais tout de même il y a de grands oubliés des diplômes de massage… Les premiers diplômes d’état qui ont été créés il y a près d’un siècle et qui forment des professionnels au massage de bien-être sont les diplômes d’esthétique ! De l’esthétique me direz-vous !? Et oui, on l’oublie souvent ou on ne le sait pas mais en CAP avec option soins du corps, en BP, en Bac Pro, en BTS et en CQP spa praticien ou manager, les massages de bien-être (auparavant qualifés de “modelages”) font partie intégrante et prépondérante du programme. Au référentiel sont inscrits les massages : californien, crânien, le shiatsu, la réflexologie plantaire, le drainage lymphatique vodder, le massage minceur, jambes légères, les différents types de massages du visage et j’en oublie certainement. Sans compter que ces formations comprennent toutes les connaissances connexes : biologie, anatomie, cosmétologie, phyto et aromathérapie, comptabilité, gestion d’entreprise, marketing, management… Une filière à reconsidérer donc 😉

      • Lazarus

        Vous avez absolument raison Amandine, d’ailleurs il y a encore peu de temps seul les diplômes d’esthétique permettaient d’avoir une certification reconnu par l’état concernant la pratique des massages bien-être.

        Je vous remercie d’avoir apporter cette précision qui a son importance !

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